Comme vous pouvez le voir, Serge Teyssot gay et Les Hurleurs sont en concert le 30 Octobre au 4 Novembre 2000 au Lavoir Moderne

SERGE TEYSSOT GAY

Le concert au Lavoir Modern fut étrange. D'abord la découverte du travail de Sergio sur les textes d'Hyvernaud. Un public assis, attentif écoute la voix de Sergio qui lis avec plus ou moins de rage, plus ou moins de rythme les paroles fracassant du roman "La peau et les os". Un chanteur seul, début, entouré de deux portrait d'Homme peint par Paul Bloas. Un bande son qui passe en play-back, et Sergio qui récite avec le tragique et la force qui s'échappe de ses textes.

Le concert en a étonné plus d'un, mais tous sont conquis par le chef d'oeuvre réalisé par Sergio. La musique n'accompagne pas seulement les textes, elle les renforces, les rythmes sont bien choisis, ou plutôt bien trouvés, les extraits remarquables. Un très bon concert donc qui a ravis toute la salle.

 

LES HURLEURS

Donc arrivée au Lavoir Modern, tout d'abord on nous offre un cd 3 titres (2 hurleurs/1 Sergio, .En voila une bonne idée, puis tout le monde s'entasse dans la première salle. Bonne ambiance, un public très variés, tant niveau âge que look, puis quelqu'un dit que sa commence: des portes s'ouvre et on entre dans la deuxième salle qui est en fait une salle style théâtre: gradins en pente, sièges africains sur le devant...musique ambient...On s'assoit devant, Sergio est assis juste devant nous (on s'en est aperçu quand il s'est levé pour rejoindre la senne). La scène, juste un spot qui éclaire de manière assez minimaliste les 2 grandes peintures de Paul Bloas.

Puis Sergio entre en scène...sans instrument...seul entre les 2 peintures et la bande sonore se met en marche. Il commence à lire (enfin réciter plutot...parce qu' il connaît tout par coeur. Pendant une heure ça doit en faire des pages! Chapeau!. L'ambiance qui se dégage de ce "concert" est très forte. D'abord au niveau visuel, les lumières, tees saccadées (stroboscopes), on un cote hypnotisant accentué par les ombres qui se projettent sur les peintures (représentant des visages). Puis la musique, sombre et lancinante,collant parfaitement avec les textes, les rehaussant même, leur donnant une nouvelle dimension, plus concrète, plus dense que des phrases sur la page d'un bouquin...

Enfin les textes, récités par Sergio avec une force et un sincérité rare, comme s'il se faisait le porte parole d'un homme (Hyvernaud) en son temps incompris, peut être parce qu'au sortir de la guerre, après 5 ans passé dans les camps, il se permettait de mettre une nuance à sa joie d'en être sorti, de dresser une vision sans complaisance du monde et de l'Histoire à travers son expérience de prisonnier de guerre...

Puis la musique s'arrête, la lumière se stabilise et Sergio remercie les hurleurs et le public, qui, après avoir repris ses esprits lui rend la pareille par des applaudissements à n'en plus finir...

 

Après un moment de pause, au bar, ou l'on croise Sergio, et aussi Théo Hakola, qu'on retrouvera plus tard sur scène, le concert des Hurleurs commence et je me dis que les gradins, c'est quand même pas l'idéal :) Bref, à part ce constat, les Hurleurs, que je ne connaissais pas très bien avant ce concert, on fait une super prestation.

Six sur scène: chant / piano, guitare, basse, batterie, violon, sax / clarinette et je crois que j'oublies des instruments.... Un chanteur très à l'aise sur scène , dont la présence ne laisse pas le public indiffèrent et à la voix rappelant un peu celle des Tindersticks. La musique n'en est d'ailleurs pas très éloignée non plus, même si plus riche et variée au niveau des instruments, un mélange de"chanson" et de folk, avec des textes en française. Les Hurleurs enchaînent avec bonne humeur les morceaux devant un public qui visiblement les connais deja en grande majorité... A noter le remarquable "étoile absinthe"...Encore plus fort en live que sur disque.

Ils invitent ensuite Sophie Moleta pour chanter un morceau en duo..puis vient Mr Hakola himself pour un morceau en anglais très réussi (une reprise..mais de qui...j'ai oublié) ... Suivent encore 2 / 3 morceaux, puis le final, avec le retour de Théo, qui a troque son costard contre une chemise de barman américain. Et là j'ai la mémoire qui flanche ...

Kathy

Les Hurleurs: écoutes un extrait de "Ciel d'Encre" grâce a la FNAC.com

 

Il faut parfois des années pour qu'un groupe trouve le truc qui lui permette de faire la différence et de s'affirmer. Cela tient pafois, à presque rien, quelques mélodies, des instrumentations ou de nouveaux équilibres, mais le truc change tout.

Les Hurleurs sont dans ce cas. Depuis 1991, ils sont porteurs d'un projet qui ne s'était jamais totalement concrétisé. Leur point fort était depuis longtemps la scène, là où le contact direct l'énergie live et le charisme du chanteur leur permettaient de s'imposer avec beaucoup plus de relief que sur les disques sages et acoustiques produits par Theo Hakola. Ces dernières années, leurs concerts avaient pris une ampleur supplémentaire, une intensité qui s'éloignait de l'option chanson/accordéon initialement défendue. Non, les Hurleurs ne sont pas l'un des derniers avatars de la chanson néoréaliste. Ils sont un groupe de rock qui privilégie les climats (en l'affirmant dès l'ouverture, "Hôtel Varlin") et s'ébat en toute liberté entre ses multiples influences. Les textes, qui témoignent d'une véritable écriture, sont particulièrement mis en voleur par un chant mâle et séduisant, et les sept Hurleurs, bien soudés, défendent une musicalité exigeante qui fait la part belle aux cuivres et au violon. Si la tonalité générale est à la douceur mélancolique ("Tout Ça", "Saigon"), un sentiment d'urgence dynarnise cet album qui refuse toute uniformisation. Les quatorze morceaux proposés ne se contentent donc pas de défendre la noirceur annoncée par le titre crépusculaire "Ciel d'Encre", mais cultivent le lyrisme ("L'Etoile Absinthe") et expérimentent avec succès la fiesta ("La Dernière Danse").

H.M.

Rock&Folk juillet 2000

 

Les Hurleurs et le guitariste de Noir Désir invitent à leur tournée celui qui les a découverts : Théo Hakola. Trois des meilleurs concerts possibles réunis sur une même scène ! Des dates à marquer d'une pierre blanche pourvu que l'on aime le rock, la chanson, la littérature, l'originalité, des personnalités fortes ou... des moments qui ne le seront pas moins.

Théo Hakola est de loin l'une des pointures les plus passionnantes de ce bon vieux rock'n'roll mais aussi un être humain remarquable de finesse et doué de tous les talents. Le fondateur d'Orchestre Rouge et Passion Fodder poursuit une carrière solo qui impose le respect. Parfois accompagné de ses guitares et de Bénédicte Villain au violon ou à l'accordéon, parfois soutenu par un groupe plus étoffé, on retrouve toujours la profonde originalité de ton, l'exigence musicale absolue, des textes très justes allant souvent de l'ironie à la colère. Ce sera bon de le revoir en concert après l'avoir apprécié il y a un an en auteur compositeur interprète de la pièce musicale La Chanson du Zorro Andalou, déjà à l'Aéronef. L américain hispanisant (Théo est un spécialiste de la guerre d'Espagne) s'exprime de plus en plus en français, tant est grand son souci d'être compris au plus près. Energie absolue ou ballades le voient aussi à l'aise. Une personne de cette trempe, "à la scène comme à la ville" selon la formule consacrée, est forcément douée d'un goût sans concessions. Ses deux découvertes françaises peuvent en témoigner : la première n'est autre que Noir Désir, pour qui il réalise leur premier EP (et sur lequel on peut d'ailleurs l'entendre chanter). La seconde, plus récemment, est constituée des Hurleurs, dont il produit le premier album.

L'histoire témoignera que le bougre ne s'est pas trompé en attirant notre attention de la sorte. Il n'est peut-être pas utile de revenir ici sur le "cas" Noir Désir, qui doit rester premier groupe du pays pour beaucoup, à commencer pour tous ceux qu'ils auront inspirés et ça en fait déjà quelques-uns. Rappelons plutôt que le guitariste de Noir Désir, Serge Teyssot-Gay, vient tout juste de sortir son deuxième album solo, mise en musique des textes écrits par Georges Hyvernaud à son retour de captivité en Allemagne. Dans la grande variété des étoffes sonores qui drapent ces mots terribles, on serait bien en peine de trouver une quelconque trahison. La voix n'est pas moins parfaite. Teyssot-Gay est constamment habité par l'horreur vécue dans ce camp de prisonniers et qui poursuit bien au-delà, quand pourtant On croit qu'on en est sorti.

Quant aux Hurleurs, si on avait apprécié l'énergie du premier disque, Bazar, rien n'y laissait deviner la splendeur du deuxième, Ciel d'Encre, sorti en mars dernier. Les vibrations de la voix, l'ampleur du son, la troublante gravité des sujets, peuvent évoquer un genre de Tindersticks français. Un disque qui n'a rien à craindre des bilans de l'année écoulée : il est clair qu'il figure dans les meilleurs.

C'est pourquoi il est assez impressionnant d'imaginer une scène réunissant ces Hurleurs, Serge Teyssot-Gay et Théo Hakola en une même soirée. Bien sûr que n'importe lequel de ces trois concerts aurait constitué à lui seul un événement. En l'occurrence, je ne sais plus quel terme employer.

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