BIOGRAPHIE

Au fil du Désir
En plus de vingt ans, des débuts lycéens à la consécration nationale, Noir Désir a construit avec passion son histoire héroïque

1980-1981.
Sur les bancs d'un lycée bordelais, Serge Teyssot-Gay, 17 ans, rencontre Bertrand Cantat, 16 ans. Avec Denis Barthe, 17 ans, ils fondent un premier groupe, dont les textes se teintent déjà d'arguments politiques et sociaux. En cours d'année, le groupe -d'abord baptisé Psychoz, puis 6.35- devient Noirs Désirs, patronyme préféré à Station Désir, également proposé par le chanteur.

1982-1983.
Serge Teyssot-Gay quitte le groupe et part former BAM (Boîte à Musique), tandis que Frédéric Vidalenc, ex-Dernier Métro, rejoint Noirs Désirs pour y tenir la basse. Les prestations scéniques du groupe affirment déjà une personnalité farouche et puissante. Le paysage rock bordelais est alors composé de Camera Silens, Parfum de Femme, les Exemples, Gamine et une génération de groupes dits « en ST », comme les Standards, Stilettos, Stagiaires et bien sûr Strychnine, très en vue nationalement.

1984-1985.
Sergio réintègre le groupe. La formation grave quelques rares chansons sur une poignée de compilations mais décline plusieurs propositions de production de 45 tours. Bertrand, Serge, Denis et Fred envoient leur cassette à Jeffrey Lee Pierce (meneur du Gun Club) et Ray Manzarek (organiste des légendaires Doors).

1986-1987.
Noirs Désirs devient Noir Désir. Américain exilé à Paris, Theo Hakola -membre d'Orchestre Rouge puis de Passion Fodder- propose son aide technique et tire la sonnette de sa propre maison de disques : Barclay, à l'issue d'un concert au Chat Bleu à Bordeaux, propose au groupe un premier contrat. Pendant l'été, Noir Désir enregistre à Bruxelles les six chansons de son mini-album, « Où veux-tu qu'je r'garde ? », qui sort en février 1987. En deux mois, 5 000 exemplaires sont écoulés. Noir Désir part en tournée hexagonale. Et lorsqu'ils ne sont pas sur scène, Bertrand et Denis poussent les caisses et les amplis derrière les stars américaines de passage à Bordeaux.

En route pour la joie

1988-1989.
Après une longue année consacrée à l'écriture et la composition, retour en studio pour « Veuillez rendre l'âme (à qui elle appartient) ». Enregistré par Ian Broudie (Echo & the Bunnymen, Lightning Seeds...), le premier véritable album de Noir Désir paraît mi-89. Les ventes s'emballeront dès la sortie du single « Aux sombres héros de l'amer », entré au Top 50. La pression commerciale devient alors trop forte et le groupe refuse plusieurs passages TV. Noir Désir tourne en URSS, au Canada et affiche trois fois complet à l'Olympia.

1990-1991.
Dans la foulée, Noir Désir enregistre lui-même « Du ciment sous les plaines », album rêche et enragé. La tournée « En route pour la joie » verra Noir Désir enflammer la France : les concerts sont plus brutaux que jamais, la rage électrique éclatant en déluge de décibels et en gerbes d'adrénaline. L'Elysée-Montmartre parisien affiche douze fois complet ! Le groupe sortira de cette tournée éreinté. Bertrand s'enfuit au Mexique, Fred et Sergio au grand air. Nini, quant à lui, entreprend alors de frapper les peaux pour Blindfolded et Edgar de l'Est.

1992-1993.
Producteur attitré de Fugazi, l'Américain Ted Nicely débarque sur la planète Noir Désir. C'est en Angleterre que le groupe enregistre son nouvel opus. Fin 1992, « Tostaky » surgit comme un boulet de canon. Privilégiant les salles de capacité réduite, Noir Désir doit multiplier les concerts en France. Bordeaux les accueille quatre soirs (trois au Krakatoa, un à Barbey). Servi par un répertoire d'une incroyable richesse, le groupe joue la surenchère dans l'énergie, chaque concert se voulant plus mordant que celui de la veille. La fatigue, l'alcool et le tabac marqueront une nouvelle fois Noir Désir dans son âme et dans sa chair. Les cordes vocales de Bertrand contraintes au repos forcé, le groupe se sépare sans certitude de se retrouver.

1994-1995.
Le double live « Dies irae » témoigne de la puissance époustouflante de l'héroïque tournée « Tostaky ». Loin des scènes, Sergio se lance dans l'écriture d'un album solo, « Silence radio », qui sortira début 1996. Entre-temps, les tensions pesantes entre Frédéric Vidalenc et le reste du groupe aboutissent à la séparation. Noir Désir poursuit toutefois son travail sur de nouvelles compositions.


Photo Christophe Goussard

1996-1997.
Membre de l'équipe technique du groupe depuis plusieurs années, Jean-Paul Roy hérite finalement du poste de bassiste. Pendant l'été 96, Noir Désir s'installe avec Ted Nicely au studio Le Manoir, à Léon, près de Dax. Le jour de sa sortie, l'album « 666.667 club » est déjà Disque d'or. Ressourcé, Noir Désir sillonne la France depuis décembre dernier. La quasi-totalité des concerts se joue à guichets fermés. Celui donné dans le cadre de l'événement « Un jour à Bordeaux » fut le dernier de la tournée 1997.

1998-2000
Le 20 février 98, le groupe reçoit la double Victoire de la Musique du Meilleur groupe de l'année et de la Meilleure Chanson avec "L'homme pressé". Mais le groupe n'assiste pas à la cérémonie. Cette année là, il publie "Ces gens-là" sur la compilation "Aux Suivants", album de reprises de Jacques Brel. En avril 99, à l'invitation de Sud Ouest, Bertrand Cantat rencontre les étudiants de Sciences-Po Bordeaux lors d'un "Grand Oral" à l'Institut d'Etudes Politiques de Bordeaux. Le groupe ne s'affiche guère que pour affirmer ses engagements: sur la scène de l'Elysée-Montmartre, il partage avec les Rita Mitsouko, Yann Tiersen, Louise Attaque et des dizaines d'autres l'affiche du concert "Liberté de Circulation", organisé au profit du GISTI (Groupe d'Information et de soutien aux Immigrés) le 7 avril 1999. Ce concert donnera lieu à un CD et à un vidéo-clip ("Les Petits papiers" de Serge Gainsbourg, interprété en collectif d'artistes).
Noir Désir commence le travail sur le nouvel album. Une session de répétitions au Maroc précède différentes sessions d'enregistrement, en France et aux Etats-Unis.
2001
Le single "Le vent nous portera" commence à être diffusé en radio dès juillet 2001, tandis que le groupe donne une poignée de concerts dans le cadre de gros festivals européens. On les voit notamment triompher aux Vieilles Charrues en Bretagne, deux jour après avoir enflammé les arènes de Nîmes, où My Favourite Dentist is Dead, Muse et PJ. Harvey assuraient la première partie. Le nouvel album, "Des visages des figures" sort le mardi 11 septembre. Vendredi 28 septembre, Noir Désir jouera à Sesquières, près de Toulouse, en compagnie de Tryo, à l'occasion d'un festival organisé par le Tactikollectif piloté par des membres de Zebda. (le lendemain, au même endroit et dans le même contexte, Manu Chao partagera l'affiche avec les Têtes Raides).

 

Biographie du joural Sud Ouest. - © Journal Sud Ouest